Comment se remettre d’une rupture amoureuse ?

 

Jeanne-Marie Vidon, sur le plateau de LTOM, France Ô

 

La chaîne France Ô propose une émission quotidienne, « Les Témoins d’Outre-Mer » qui aborde les différents sujets de vie. J’ai été invitée, en tant que thérapeute de couple, pour apporter un éclairage à la réflexion et au débats. L’une traite de la rupture amoureuse, l’autre de notre rapport à l’argent

Sur le plateau, deux témoins :

Basile BERNARD, auteur d’un livre « je me suis fait larguer ».
Il exprimait qu’il avait été quitté et nous faisait part des difficultés liées à cette épreuve et comment notamment, il avait procédé pour sortir de cette souffrance. L’écriture de son livre l’a aidé à prendre le recul nécessaire afin de comprendre et accepter cette décision. Sandrine a fait le choix de se séparer. Elle a partagé avec nous son ressenti et notamment les difficultés liées à la culpabilité de faire vivre cette situation à ses proches.

Mon intervention devait amener un éclairage sur le « comment se remettre d’une rupture », quels sont les outils nécessaires pour dépasser cette épreuve et les écueils à éviter. (voir également article)

 

Il y a déjà différentes ruptures : des ruptures traumatisantes, libératrices, violentes, en douceur. Mais c’est toujours une épreuve. Il est dit qu’une rupture est à la hauteur de l’amour partagé. Une relation de couple qui a toujours été très conflictuelle peut donner une rupture conflictuelle. Une relation où la communication était présente, où le couple parvenait à se dire les choses, la rupture pourra peut-être se faire de façon moins violente, mais ce sera toujours une douleur.

Avant d’en arriver à la séparation, le couple aura vécu une relation douloureuse ou malheureuse plus mois voire plusieurs années. C’est la chose de trop parfois qui vient faire détonateur, un mensonge de trop, une crise plus violente que les autres, une infidélité… Dans les cas extrêmes, la séparation est une histoire de survie. La séparation fait peur, mais j’aurais envie de dire que l’on ne « meurt » pas psychiquement d’une séparation. En revanche, il est possible de « mourir » psychiquement dans une relation devenue toxique. On peut devenir l’ombre de soi-même, vivre dans une angoisse et une insécurité perpétuelle, et cela est destructeur. Ce n’est pas parque qu’une histoire d’amour est terminée, que la vie est finie. Se remettre d’une rupture est une épreuve et une rude épreuve à traverser. Mais c’est un passage.

 

Qu’est-ce que fait vivre une rupture amoureuse ?

 

A chaque épreuve de notre vie, à chaque période douloureuse ou de doutes, l’amour et l’attention de notre conjoint sont là pour nous apporter réconfort et soutien. La rupture amoureuse nous prive des ses attentions, nous expose à la solitude. Solitude pour vivre le deuil de notre histoire sans le réconfort et le soutien de l’être aimé. Le sentiment magique et exceptionnel qu’est l’amour vient nous surprendre, nous ne sommes pas préparés à le recevoir, encore moins à le voir disparaître. La rupture amoureuse est un choc, un tsunami. Dans cette période, la personne quittée peut vivre un véritablement effondrement narcissique, tout s’écroule, les espoirs et projets sont anéantis, la confiance et l’estime de soin écrasées. Il y a différentes étapes dans cette période. C’est un vrai travail de deuil qui doit se faire, et cela, en fonction de qui est chacun, de la durée de la relation amoureuse, de l’intensité de la relation et de l’intensité des différentes crises, cela pourra prendre plus ou moins de temps.

– La sidération, le choc, l’engourdissement : « Ce n’est pas possible, je ne peux l’imaginer »
– Le déni : « il (elle) va revenir ! » Dans l’attente d’un retour, certaines personnes sont insensibilisées.
– La phase de prise de conscience que séparation est bien réelle, qu’elle ne pourra être évitée et devra être vécue
– L’acceptation de la souffrance causée par la perte, en accueillant différentes émotions (colère, peurs, tristesse). Ces émotions sont inévitables et vouloir s’épargner de les vivre n’aideront en rien à surmonter ce chagrin d’amour. La tristesse est naturelle, il faut l’accueillir et parfois s’autoriser à pleurer. Ce qui arrive est triste. La colère peut nous submerger, et nous envahir totalement Elle est dans un premier temps utile, elle nous permet de nous exprimer mais il faut être attentif à ne pas la conserver indéfiniment. Elle sera bloquante, il faut pouvoir la laisser s’échapper pour avancer. La peur se fera souvent sentir, et pourra ramener à la colère ; peur de ne pas y arriver seule, peur de ne pas cicatriser et se remettre, peur de se retrouver seule et de ne plus reconstruire après. Il faut également accepter d’avoir peur un temps. Mais nous avons tous en nous des ressources, des compétences sur lesquelles s’appuyer. L’accompagnement thérapeutique est important quand les blocages dans ces émotions sont trop prégnants.
– L’adaptation et le renouvellement

 

Comment se relever après une rupture amoureuse ?

 

Pour se remettre, il faut déjà avoir envie de se remettre de cette rupture. Cela peut paraître brutale comme réflexion, mais c’est avec la volonté que l’on pourra sortir de cette épreuve de vie. Il n’existe pas de rupture facile, c’est une épreuve même pour celui qui en prend la décision La rupture est d’autant plus douloureuse quand la relation a duré plusieurs années, qu’il y a des enfants à accompagner et faire grandir ensemble.

Les choses à mettre en place :

– Prendre le temps de communiquer pour comprendre, instaurer un dialogue exprimer les émotions qui vous traversent. Ce travail est un exercice qui n’est pas simple. Parfois le conjointe (e) n’est pas toujours en capacité de mettre des mots. Il faudra accepter de faire sans ces explications. L’aide d’une thérapeute peut être précieuse pour accompagner cette première démarche.
– Accepter la décision de l’autre, bien souvent parce qu’il (elle) ne nous laisse pas le choix
– Retrouver un équilibre entre la tentation de vouloir oublier en s’étourdissant dans une sur activité afin de ne plus penser, et le repli et la rumination. C’est une période longue parfois, douloureuse, où le manque de l’autre, le manque du couple se fait
lourdement sentir. Ce manque peut paraître insupportable, insurmontable. Il faut apprendre à se « désintoxiquer » en y mettant de la distance. Il faudrait presque faire le ménage pour démarrer le sevrage. Lorsqu’il y a des enfants cette distance est bien plus compliquée à mettre en place, mais il est bon d’essayer de le faire. Nous pourrions être tentée), sous prétexte d’échanger autour de la question des enfants, de chercher le lien avec celui ou celle qui nous a quitté.
– Mettre en place des actions peut soulager. Il est possible de ranger dans un coin, dans une boite tout ce qui rappelle son ex. tout cela pour vous laisser d’être en capacité é de décider quoi en faire plus tard.
– Essayer de se faire du bien, au travers d’une activité sportive, même intense pour lâcher toutes les tensions . Se faire plaisir (shopping, activités diverses, soin du corps), se rapprocher de ses amis et famille en prenant soin de ne pas envahir l’espace de ces rencontres avec le récit de son histoire et de sa souffrance.
– Faire une relecture de l’histoire du couple afin de comprendre, mettre des mots. Se pencher sur soi apportera cette compréhension nécessaire pour faire le deuil plus facilement. Se poser les questions : Comment en sommes-nous arrivés là ? Comment ça allait entre nous ? comment étais-je dans cette relation ? Tout ces choses que vous ferez pour vous, vous permettront d’une part de prendre soin de vous, d’envisager un avenir afin de poursuivre son chemin de vie, différemment bien évidement.

Pour en savoir plus et vous remettre de votre rupture amoureuse , vous pouvez contacter Jeanne-Marie Vidon, thérapeute de couple.